Composition d'une cartouche

La cartouche est composée de quatre éléments :

1.      La douille (étui)

Les douilles peuvent avoir des formes coniques (anciennes) ou cylindriques.
Le plus souvent en laiton, car cet alliage a la capacité de se déformer sans se rompre et facilite la mise en forme lors du rechargement.
L’extrémité supérieure (collet) peut être droite ou rétreint (communément appelé bouteille)

A.     Corps

B.     Épaulement

C.     Collet

D.     Lèvres

E.      Gorge

F.      Bourrelet

G.     Culot

Le culot peut avoir 5 formes différentes :

1)      A gorge (Rimless)
Principalement utilisée pour les armes semi-automatiques et automatiques.

2)      A bourrelet (Rimmed)
Principalement utilisée pour les revolvers.

3)      A demi-bourrelet (Semi-rimmed)

4)      A bourrelet réduit (Rebated rim)
Principalement utilisée pour les armes semi-automatiques et automatiques.

 

5)      Renforcé (Belted)
Principalement utilisée pour les cartouches de carabines de chasse ayant une charge de poudre importante (Magnum).

Important : Pour les culots à gorge et à bourrelet réduit, il est impératif de respecter la longueur de la douille. Contrairement aux douilles avec bourrelet, les lèvres du collet sont en appui en avant dans la chambre pour positionner la cartouche.

Si la douille est trop courte, l’amorçage sera défectueux. Plus grave, si elle est trop longue il va y avoir une modification de la distance de feuillure avec un risque de rupture du culot.

Définition de la feuillure :
C’est la distance qu’il y a entre la surface d'appui (C) (Voir les 4 schémas plus loin) et le fond de la cuvette de tir (partie de la culasse de l'arme qui vient en contact avec le culot de l'étui).
Pour une arme neuve, la feuillure (A) est forcément respectée, par contre sur une arme d’occasion ou transformée, il peut y avoir des problèmes, même si vous employez des cartouches manufacturées.
Si malgré l’utilisation d’étuis à la bonne longueur, vous constatez une déformation de l’étui, comme un gonflement au niveau du culot : Ne tirez plus avec cette arme avant d’avoir vu votre armurier. Il possède des jauges de vérification et pourra faire un diagnostic et pourra (peut-être) régler votre arme en chambrant le canon à la bonne cote.

Un excès de feuillure peut être également produit par un étui trop long. Lorsqu’on recharge une cartouche un grand nombre de fois, il va forcément se produire sous l’effet combiné de l’élargissement puis de la remise au diamètre nominal un allongement de l’étui. Tant que cet allongement n’a pas complétement annulé le jeu entre la cuvette de tir et la base du culot (B) : pas de problème. Mais dès que l’allongement provoque un léger recul de la culasse : il y à excès de feuillure avec de possibles conséquences très graves.

Le seul moyen d’y remédier ; c’est tous les 5 rechargements au maximum de vérifier la longueur de vos étuis pour éventuellement les réduire à l’aide d’un casetrimer.

Note : Pour les 4 schémas, la culasse est fermée, en appui sur le canon.

1)      Douille droite à gorge.

2)      Douille droite à bourrelet ou demi-bourrelet.
(Même position de feuillure pour les douilles à bourrelet avec collet rétreint.)

3)      Douille à collet rétreint (bouteille) à gorge.

4)      Douille à collet rétreint à culot renforcé.

 

 

La valeur A : correspond à la feuillure. B : à l’espace de feuillure, C : à la surface d’appui.

1.      L’amorce
Il existe deux types d’amorces :

a)      Pour les cartouches à percussion annulaire (22 lr)
Il n’y a pas de capsule d’amorçage. L’explosif est réparti dans le bourrelet de la douille et va s’enflammer dès que le percuteur va venir taper le culot de la douille.

b)      Pour les cartouches à percussion centrale
L’amorce contient l’explosif qui va s’enflammer dès la compression entre le percuteur et l’enclume. Il existe deux types d’enclume :
- Pour le type Berdan : Elle ne fait pas partie de l’amorce, mais de l’étui, ce qui empêche l’extraction de l’amorce avec l’outil classique puisque les deux trous évents sont excentrés.
- Pour le type Boxer (cartouches modernes): Cette fois elle est intégrée dans la capsule et le rechargement est facilité car le trou évent est placé au centre, ce qui permet le passage de l’aiguille de désamorçage.

 

 

1.      Capsule

2.      Explosif primaire

3.      Enclume

4.      Trous évents

5.      Douille

 

La charge propulsive
C’est la partie la plus délicate du rechargement qui mérite la plus grande attention. Ne tenez surtout pas compte des recettes qui circulent sur les pas de tirs. Même si vous êtes débutant cela ne comporte aucune difficulté. Il suffit d’appliquer à la lettre les données fournies par les fabricants qui fournissent des tables de rechargement.
J’ai pris comme exemple le chargement pour la 45 ACP avec de la Vihtavuori. Le tableau se décompose en 4 parties :

1)      Le projectile (bullet)
Son poids (weight) : en gramme et en grain.

a)       Sa forme (type)

b)      Sa marque (Mfg)

c)      Lg totale de la cartouche (C.O.L. Cartridge Overall Length).
Pour moi, cette valeur ne doit être prise qu’à titre indicatif. En effet, la longueur des projectiles pour un même calibre peut avoir des valeurs différentes. Donc si vous respectez la valeur du tableau alors que votre projectile est plus long, l’enfoncement ne sera pas respecté. C’est la valeur d’enfoncement qui importe, puisqu’elle conditionne la pression qui sera exercée dans l’étui. Malheureusement les fabricants ne donnent ni la longueur du projectile, encore moins celle de l’enfoncement.

Vous ne pouvez donc respecter cette valeur que si vous utilisez exactement le même projectile que celui du tableau.
Sinon pour les cartouches à collet rétreint vous pouvez prendre comme valeur approximative la longueur du collet, puis faire des essais.

Pour les cartouches pour arme de poing vous pouvez prendre comme valeur la longueur rectiligne de l’ogive.

 

2)      La poudre (powder)

a)      charge de démarrage (starting load)
- Poids en gramme et en grains
- La vitesse (Velocity)

 b) Charge maximum

- Poids 

- La vitesse 

Il est bien sur hors de question de dépasser cette charge.

 



1.      Le projectile
De nos jours, il existe un très grand nombre de formes de projectiles et de type / composition de chemisage. Les projectiles peuvent être classés dans les deux catégories suivantes :
   - Les projectiles homogènes (une seule matière ex. plomb nu)
   - Les projectiles chemisés (ex. noyau en plomb avec chemisage)
      Les plus courant :

a)      LRN : Lead Round Nose : balle de plomb simple non chemisée à ogive arrondie pour une meilleure pénétration dans l'air.

b)      FMJ : Full Metal Jacket : balle chemisée, recouverte d'un revêtement de métal dur. Ce type de balle est peu déformable.

c)      FMC flat : Full Metal Case : balle à tête plate utilisée plus pour le tir en stand que pour la chasse.

d)      JSP : Jacketed Soft Point : balle chemisée à tête molle. La balle est entourée d'une couche de métal dur sauf la tête destinée à s'expanser.

e)      JHP : Jacketed Hollow Point : balle chemisée à tête creuse, la balle est recouverte d'un revêtement de métal difficile à déformer sauf pour la tête qui comprend une dépression en son centre pour permettre une meilleure expansion.

f)       SJ ESC : Semi Jacketed Exposed Steel Core : noyau en acier semi-chemisé. Balle développée autour d'un noyau dur perforant conçu pour passer les gilets pare-balles.

 

g)      LSW : Lead Semi-Wadcutter : balle en plomb à tête tronconique. La tête de la balle est une ogive plate, présentant des qualités balistiques améliorées par rapport à une balle à la tête totalement plate.